C'EST DE LA BOMBE

Bilan des essais atomiques de la France

Disclose et Interprt ont enquêté pendant deux ans sur les conséquences
des essais atmosphériques en Polynésie française.

 

 

Entre 1966 et 1996, la France a procédé à 193 essais nucléaires en Polynésie française. Le dernier sous la présidence de Jacques Chirac. En trente ans, le programme a laissé des traces dans la société polynésienne, dans les corps de ses habitants et de nombreux vétérans, dans l’environnement de ce territoire vaste comme l’Europe.

Fruit d’une collaboration inédite entre un scientifique expert du nucléaire, un journaliste du média d’investigation Disclose et Interprt, un collectif d’architectes spécialisés dans l’analyse criminalistique, cette enquête déclinée sous la forme d'un livre, « Toxique », sous la direction de Sébastien Philippe et Tomas Statius, et un site Internet, « Mururoa Files » met au jour ce qui a longtemps été caché au public : les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français en Polynésie.

Sont ici pour la première fois dévoilés l’ampleur des retombées radioactives qui ont frappé ce territoire vaste comme l’Europe, et comment les autorités françaises ont tenté de dissimuler l’impact réel de cette campagne dévastatrice pour la santé des populations civiles et militaires.

 


Le « Tir Centaure », le 17 juillet 1974 en Polynésie.
Tiré depuis l’atoll de Mururoa, le champignon atomique ne s’élève pas assez haut et se dirige vers Tahiti en contaminant les sols et les habitants.

Voir le reportage « Essais nucléaires »
En Polynésie française, l’explosion atomique
qui ne s’est pas passée comme prévu


France Culture, le 9 mars 2021

 

 

Mururoa Files

Enquête sur les essais nucléaires français dans
le Pacifique
(9 mars 2021)

 

Leucémie,lymphome, cancer de la thyroïde, du poumon, du sein, de l’estomac… En Polynésie, l’héritage des essais nucléaires français est inscrit dans la chair et dans le sang des habitants. Le strontium a grignoté les os, le césium s’est concentré dans les muscles et les organes génitaux, l'iode s’est infiltré dans la thyroïde.

L’histoire de cette catastrophe sanitaire et environnementale largement méconnue a débuté le 2 juillet 1966. Ce jour-là, l’armée française procède au tir Aldébaran, le premier des 193 essais tirés pendant trente ans depuis les atolls nucléaires de Mururoa et Fangataufa, à 15 000 km de la métropole. Le premier, aussi, d’une série de tests parmi les plus contaminants du programme nucléaire français : les essais à l’air libre. Entre 1966 et 1974, l’armée a procédé à 46 explosions de ce type.

Pour le seul essai Centaure, tiré en juillet 1974, environ 110 000 personnes ont été dangereusement exposées à la radioactivité, soit la quasi-totalité de la population des archipels à l’époque (...).

 

Voir le site Mururoa Files

 

Lire aussi l'article de Disclose pour Reporterre (9 mars)

 

 
Essais nucléaires en Polynésie : « Une histoire marquée par le mensonge »
Entretien de Sébastien PHILIPPE et Thomas STATIUS, par Karim YAHIAOUI, France 2, le 5 avril 2021

 

Sous le sable la radioactivité !
Les essais nucléaires français en Algérie

par Jean-Marie COLLIN et Patrice BOUVERET (juil. 2020)

La France, avec ses 210 essais nucléaires, dont 17 au Sahara algérien, n’a pas encore révélé tous ses secrets, comme l’expose l'étude réalisée par Patrice Bouveret directeur de l’Observatoire des armements et Jean-Marie Collin co-porte-parole de ICAN France, et publiée par la Fondation Heinrich Böll.
Lire aussi : « Il est temps de déterrer les déchets
des essais nucléaires de la France au Sahara algérien »
,
Tribune parue dans Le Monde, le 14 sept. 2020

 

 

Essais nucléaires :
l’État s’enferme dans ses mensonges

par Tomas STATIUS et Sébastien PHILIPPE
sur le site d'investigation Disclose
(16 mars 2021)

Suite aux révélations de Disclose, le Commissariat à l’énergie atomique se défend d’avoir sous-estimé la contamination des Polynésiens lors des essais nucléaires dans le Pacifique. Face à cette remise en cause sans précédent des calculs réalisés par le CEA il y a quinze ans, l’organisation s’est fendue d’un communiqué le 12 mars. Parsemés de contre-vérités et d’approximations, nous y répondons point par point.

 

 

 
 
« Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires »
Documentaire de Larbi BENCHIHA (2008)
film sélectionné au Festival Uranium de Rio de Janeiro. Voir article dans El Watan (11 mai 2021)
 

Les sables radiologiques du désert
Analyse de Paolo SCAMPA, AIPRI (3 mars 2021)

Les tempêtes de sable du désert d’Afrique du Nord remettent en suspension la radioactivité des retombées des essais atomiques que la France a commis dans le Hoggar entre 1960 et 1961 et qui ont contaminé toute la région [NDLR: suivre les liens proposés dans l'article]. La littérature savante atteste même de la présence de l’éternel plutonium aux côtés de l’immanquable césium 137 dans les retombées en France et Europe de ces sables du désert qui alimentent la planète en sels minéraux maintenant radioactifs...

Lire aussi : « Nuage de sable du Sahara :
une pollution radioactive qui revient comme un boomerang »

Analyse de l'ACRO, le 24 fév. 2021

 

 

La Chambre à gaz atomique
Traitéde physique sur la contribution des essais
nucléaires à la contamination finale de l’atmosphère
par Paolo SCAMPA, AIPRI (juil. 2011)

Étude en guise d'inventaire radiologique sur la masse globale des charges nucléaires employées et sur les résidus atomiques dispersés durant les essais atomiques aériens. La physique n’est hélas pas une opinion et que l’air soit désormais envahi par les nanoparticules radioactives n’est pas un mirage. Par la grâce des physiciens nucléaires que l’on loue tant, nous vivons en effet désormais et à jamais dans une chambre à gaz radioactive infiniment vaste et à effet tumoral retardé.

American Ground Zero
La Guerre nucléaire secrète

par Carole GALLAGHER (1993)

À travers des portraits et interviews d'Américains ayant travaillé dans la fabrication de la bombe atomique, ce livre traduit ici en français dessine un panorama saisissant des victimes non décorées d'une guerre non déclarée. Ce travail sur les armes atomiques américaines cherche avec détermination à obliger les patrons de l'industrie des armes nucléaires à faire face aux coûts humains de leur œuvre.

 

 

 

 


« 1945-1998 » par Isao HASHIMOTO - source