TRAVAILLEURS DU NUCLÉAIRE

 

 

Un cadre de la centrale
du Tricastin dénonce une
politique de « dissimulation d'incidents » de sûreté nucléaire

Il a déposé plainte devant le tribunal judiciaire de Paris contre EDF et la direction du site pour des infractions à la réglementation relative aux installations nucléaires, au code de l'environnement et au droit du travail pour mise en danger de la vie d'autrui et harcèlement.

Selon l'ingénieur de 42 ans qui souhaite rester anonyme, EDF a caché à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) plusieurs incidents survenus à Tricastin, en 2017 et 2018. Le fournisseur d'électricité les a minimisés ou les a déclarés bien après.

Cet homme cite une surpuissance du réacteur numéro 1, ou bien une inondation dans plusieurs locaux, dont un bâtiment électrique. EDF qui prépare la visite décennale, cruciale pour obtenir l'autorisation de poursuivre l'exploitation au-delà de 40 ans ne veut surtout pas que ces problèmes s'ébruitent, affirme encore cet homme.

Ces révélations "sont d'une ampleur totalement inédite. En plus de mettre en lumière des dysfonctionnements très graves en matière de sûreté et de protection environnementale, elles interrogent sur le rôle des autorités de contrôle dont l'ASN, l'Autorité de sûreté nucléaire, ont souligné ses avocats William Bourdon et Vincent Brengarth.

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de Stéphane MANDART et Perrine MOUTERDE, Le Monde (12 nov. 2021)

 

 

Centrale du Tricastin :
EDF triche avec la sûreté nucléaire

par Jade LINDGAARD, Médiapart (19 juil. 2019)

Selon des témoignages recueillis depuis six mois par Mediapart auprès de plusieurs personnes travaillant à la centrale nucléaire du Tricastin, les problèmes s’accumulent sur ce site depuis deux ans. Au point qu’EDF évite de déclarer des incidents à l’Autorité de sûreté. Tout cela dans l’espoir de préserver l’image du premier réacteur à subir l’inspection des 40 ans.

C’est là que se joue l’avenir du parc : le réacteur numéro 1 du site du Tricastin (à cheval entre la Drôme et le Vaucluse) connaît la première visite des 40 ans. Tricastin est « une tête de série », la première à subir cette inspection en profondeur par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Selon de nombreux témoignages, des documents internes, des vidéos et des photos recueillis depuis plusieurs mois par Mediapart, les problèmes s’accumulent sur ce site. Interrogé dans le cadre de cette enquête, le groupe assure respecter les règles qui s’imposent à lui. Également sollicitée par Mediapart, l'ASN est plus sévère...

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EDF, la machine à broyer

« EDF tient les syndicats
entre ses mains »

par Thierry GADAULT, Blast (13 nov. 2021)

Un délégué syndical dénonce sans détours l’inaction de la direction mais aussi des syndicats face aux problèmes d’harcèlement, de discriminations et de suicides. Et met en cause les accords conclus depuis une vingtaine d’années, responsables de ce phénomène.

Le combat syndical, Rémy Casabielhe connaît. Entré à EDF en 1981, ce juriste de formation réputé pour sa ténacité est d’abord passé par la CGT, puis la CFE-CGC, avant de rejoindre les rangs de FO.

  Délégué syndical au siège social parisien et adjoint du délégué central pour la société-mère, il est l’un des principaux négociateurs des accords sociaux chez l’électricien. A EDF, sa voix porte. Mais le voilà aujourd’hui arrivé à un constat : celui de son impuissance à faire reconnaître et prendre en compte par les syndicats et l’entreprise la réalité du management pathogène en vigueur dans le groupe, depuis une vingtaine d’années. Un véritable déni qui s’explique, selon lui, par la dépendance des grandes organisations représentatives du personnel vis-à-vis de la direction. Lire l'entretien

 

 

 
« RAS, Nucléaire, rien à signaler », Alain de Halleux, IOTA productions, 2009

 

 

Enquête sur une nouvelle affaire France Télécom

par Thierry GADAULT, Blast (avril 2021)

Harcèlement moral ou sexuel, brimades, discriminations, suicides… La vie quotidienne à EDF est un enfer pour de nombreux salariés. Une situation parfaitement connue de la direction générale depuis plus de 20 ans, sans aucun changement dans les méthodes de management. Un récent procès et une enquête pourraient changer la donne.

Coupable ! Dans un jugement rendu le 29 mars 2021, le tribunal des affaires sociales de Lyon estime que le suicide en 2013 d’un salarié de RTE, alors filiale à 100 % d’EDF, constitue une faute inexcusable de l’employeur. Trois ans plus tôt, en 2018, la cour d’appel de Lyon avait déjà considéré que ce drame était un accident du travail, bien qu’il soit intervenu au domicile du salarié.

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voir aussi :

Sylvie, chef de projet, EDF/SEISO, Toulouse
Sophie, chimiste, centrale nucléaire du Blayais
Maurice, technicien, EDF hydroélectricité, Annecy
Alain, électricien, EDF hydroélectricité, Lyon
Jean-Michel, technicien, EDF LAM, St-Denis
• Moi, Arnaud, salarié harcelé d'EDF

 

« Je me suis rendu compte
qu’on nous mentait »

par Michel, technicien à Saint-Laurent-des-Eaux

À la fin des années 1980, j’ai regardé un reportage, je crois sur Arte, sur le réacteur de Three Mile Island, qui avait été accidenté en 1979. Le reportage expliquait que près de 50 % du cœur avait fondu. Pourtant on m’avait toujours dit qu’il n’y avait pas eu de fusion à Three Mile Island. Je me suis rendu compte qu’on nous mentait. Or on avait deux réacteurs jumeaux à côté à Saint-Laurent-des-Eaux - les réacteurs à eau pressurisée - et on nous cachait que le cœur peut fondre. Donc j’ai commencé à me renseigner sur les deux accidents de Saint-Laurent, et j’ai trouvé plein d’informations.

Je suis entré au syndicat (la CGT), j’ai intégré le comité d’hygiène et sécurité, dont je suis devenu le secrétaire. Là, tu t’opposes forcément à la direction puisque tu défends les salariés. Ce que le directeur n’appréciait pas. Petit à petit, j’ai acquis la certitude que le nucléaire était mensonger. On nous exposait à des doses de radiation qu’on pouvait éviter…

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L'accident : témoignage et souvenirs d’un gars qui bosse dans le nucléaire

par Jérôme, Sud-Énergie

Il y a peu, en 2019, je faisais une rencontre qui m’a profondément marquée. Alors que le directeur de la centrale nucléaire où je bosse voulait m’en empêcher, je me suis rendu à une conférence-débat sur le nucléaire dont le thème était Fukushima. Le premier ministre japonais Naoto KAN (en exercice au moment de l’accident) était présent comme intervenant. Nous avons été présentés et j’en ai profité pour lui décrire l’empathie que j’ai ressentie avec mes collègues lors de l’accident. Je lui ai raconté que nous étions nombreux à ce moment en « communion » avec le Japon. (...)

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À Flamanville, l’Autorité
de sûreté nucléaire
est dans la main d’EDF

par Pascale PASCARIELLO, Médiapart (18 oct. 2016)

Deux inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire, chargés du contrôle sur le chantier de l’EPR, futur réacteur en construction, et dans trois autres centrales en Normandie, ont subi pressions et menaces de leur direction, au profit d’EDF. Et au mépris de la sécurité.

La direction de l’Autorité de sûreté nucléaire « a essayé de m’imposer sa position ou d’influer sur les choix que j’avais à faire dans le cadre de ma mission d’inspecteur du travail », en particulier, « sur des sujets pouvant représenter des enjeux pour EDF – l’exploitant des centrales –, dès qu’un contrôle pouvait engendrer des suites impactant EDF de façon notable (suites pénales, impact industriel…) ou qu’il a fait l’objet d’une intervention hiérarchique d’EDF », explique Alain. Le 30 juillet 2014, il adressait un courrier détaillé à Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, faisant état de l’ensemble des pressions subies.

   

Ce texte à télécharger

Courrier adressé à l'ASN

 

« Nous sommes de la chair à canon »

Rescapé d’un cancer, il dénonce depuis les dangers du nucléaire

par Benoît COLLET, Reporterre (5 mars 2021)

Victime d’un cancer de la thyroïde quand ’il travaillait dans l’industrie nucléaire, Patrice Girardier dénonce les conditions de travail dangereuses des petites mains de l’atome. « Nous, les sous-traitants d’EDF, sommes de la chair à canon. »

« On était là pour prendre de la dose. » Patrice Girardier va répéter plusieurs fois cette phrase quand il évoque son passage en 2014 dans l’ancienne centrale de Chooz (Ardennes), en cours de démantèlement. Il y était responsable de l’équipe de dépoussiérage des poussières alpha, dans les grottes naturelles abritant les installations nucléaires. Ces particules alpha, émises par les noyaux radioactifs lors de la fission nucléaire, sont parmi les plus radioactives et les plus dangereuses pour le vivant. « On travaillait par plongées de deux heures pour ne pas être trop exposés. À l’époque, je pensais être protégé, même si peu de gens acceptaient de bosser dans ces grottes, vu la dangerosité du travail. »

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Belfort : chez General Electric, on achève bien les "Alsthommes"
par Noémie ROUSSEAU, Libération (juin 2019)

«Ces dernières années, on voit des gens pleurer, faire des crises de larmes en réunion. Puis on ne les voit plus pendant quinze jours, ils posent des congés, se mettent en arrêt maladie… raconte Francis. Je n'avais jamais vu ça», poursuit-il, ajoutant dans un souffle : «On a eu plusieurs tentatives de suicide.»

 

Travailleur du nucléaire mis à pied par sa hiérarchie pour avoir dénoncé le recours à la sous-traitance et les conditions de travail dans le nucléaire (voir son site « Ma Zone Contrôlée »), Gilles Reynaud était au tribunal des Prud'hommes de Nanterre le 17 mars. Le verdict sera rendu le 16 juin.

Voir le compte-rendu de la mobilisation

Communiqué commun de soutien

Gilles Reynaud avait été convoqué par la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité nucléaire. Il a témoigné sous serment des conditions de travail mettant en danger les travailleurs du nucléaire et les populations alentours. À peine un mois après il était convoqué par sa direction et quelques semaines plus tard recevait sa mise à pied, qu’il a contesté en saisissant le tribunal des Prud’hommes.

Le Collectif Arrêt du nucléaire assure Gilles REYNAUD de son soutien face à Orano !

Le nucléaire low cost en procès aux prud’hommes

par Natacha DEVANDA, Charlie Hebdo (17 mars 2021)

A-t-on le droit d’alerter sur les conditions de travail des forçats du nucléaire quand on y travaille soi-même ? Oui, revendique Gilles Reynaud, technicien du nucléaire et président de l’association Ma zone contrôlée. Non, estime Orano, qui a mis à pied ce salarié. Le procès qui se tient mercredi 17 mars est aussi l’occasion de mettre en débat les risques de la sous-traitance dans le nucléaire.

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Sous-traitants du nucléaire

Rationalité instrumentale et santé au travail
Le cas de l’industrie nucléaire

par Annie THÉBAUD-MONY, Revue Internationale de Psychosociologie, 1997, vol III, n°8,
repris dans La Gazette Nucléaire n°175/176, juin 1999

Ce texte analyse les logiques au principe de l’exposition des salariés (acceptée par les employeurs), dans l’industrie nucléaire. Dans la fuite en avant ultra libérale de cette fin du XXe siècle, la rationalité instrumentale tend à imposer une valeur unique et ultime du sens et des transformations de l’organisation du travail : la compétitivité est désormais donnée comme "naturelle" et première, rendant caduque toute référence à d’autres valeurs, qu’il s’agisse du sens de la production économique (énergétique), ou des formes sociales de celle-ci. Impérieuse est donc, pour l’entreprise EDF, dans son ensemble la recherche de tout abaissement des coûts de production susceptible de concourir au maintien de la compétitivité du nucléaire comme énergie de l’avenir. Or la direction du parc nucléaire est confrontée à une contradiction majeure entre la sûreté des installations et la protection contre les rayonnements ionisants des agents de maintenance.

La sûreté nucléaire désigne la garantie d’une protection sans faille contre le risque d’accident nucléaire. Cette garantie passe par la réalisation d’opérations de maintenance dans le coeur même des installations nucléaires, là où la radioactivité constitue un risque permanent pour toute intervention humaine. Pour prévenir le risque d’accident pouvant entraîner des irradiations massives, il faut donc - et c’est la contradiction - exposer aux rayonnements ionisants des travailleurs chargés de ces opérations de maintenance. La sous-traitance et la précarisation sont les moyens trouvés par l’exploitant nucléaire pour gérer contradictions et contraintes de la sûreté nucléaire au moindre coût. Quels en sont les moyens ? Quelles en sont les conséquences pour les travailleurs concernés ?

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Sous-traitance des risques,
effacement des traces

par Annie THÉBAUD-MONY

Le travail de maintenance des centrales nucélaires est indispensable au fonctionnement et à la sûreté des installations. La précarisation organisée (via la sous-traitance) altère non seulement les droits des travailleurs en matière de santé et de représentativité, mais porte atteinte également à la connaissance des effets sanitaires de l’exposition aux risques toxiques

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Annie Thébaud Mony, « Travailleurs du nucléaire »
contribution au FSMAN Tokyo, mars 2016

L'Autorité de Sûreté Nucléaire est-elle suffisamment rigoureuse ?
par François VALLET (29 janv. 2021)

Après l’autorisation de mise en service partielle de l’EPR de Flamanville (à la cuve fissurée, aux soudures défectueuses, aux procédures de sécurité défaillantes, etc.), l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) récidive en autorisant EDF à déroger aux règles d’exploitation du réacteur N°2 sur le même site. En clair l’ASN autorise à nouveau EDF à ne pas respecter les règles de sûreté, alors qu’elle sait très bien que la situation est très dégradée.

Et pourquoi donc ?
Et bien tout simplement parce qu’EDF ne veut pas remplacer des générateurs de vapeur qui comportent des « fissures traversantes ». En clair ils laissent passer de l’eau radioactive du circuit primaire vers le circuit secondaire, celui dont la vapeur entraîne les turbines. Et EDF a convaincu l’ASN de l’autoriser à ne pas respecter les règles, au prétexte qu’en bricolant un peu la composition de l’eau du circuit primaire et en augmentant progressivement la puissance du réacteur au démarrage, les fuites finiraient bien par se boucher avec les saletés qui passent du circuit primaire vers le circuit secondaire. (...)

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Extrait de Unter kontrolle (Sous contrôle) de Volker-Sattel (2011)

 

 

Revue Z - n°6 - spécial Nucléaire

« L’accident de Fukushima est un accident à zéro mort et zéro blessé dans la population. (...) Il ne sera pas possible de montrer ultérieurement une quelconque influence de cet accident sur la santé du peuple japonais »

Tels sont les mots décomplexés tenus par un banal expert du nucléaire (Philippe Guétat, CEA) quelques semaines après l’accident de Fukushima. Le déni et l’oubli sont certes orchestrés au plus haut niveau par les dirigeants et les experts internationaux, mais ils sont aussi les conséquences directes de notre impuissance.

« Dans les servitudes nucléaires »

Enquête à Belleville-sur-Loire auprès des travailleurs sous-traitants de l’atome, par Emma Piqueray, Revue Z

Au début des années 1990, EDF a fait un choix radical dans son organisation du travail : externaliser 80% des opérations de maintenance. Ce choix s’inscrit dans le mouvement général de « modernisation » des entreprises s’appuyant sur le modèle toyotiste de production à flux tendu. Un modèle dans lequel la flexibilité de l’emploi et la sous-traitance occupent une place centrale. Mais, au-delà de la recherche d’une plus grande compétitivité, le recours à la sous-traitance répond aussi à un besoin spécifique de l’industrie nucléaire : celui du partage des doses de rayonnements ionisants sur un plus grand nombre de travailleurs. (...)

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« Pour EDF, on est des bestiaux,
pas des êtres humains »

Entretien avec Fabrizio, salarié d’une filiale d’Areva, première entreprise sur le marché des « servitudes nucléaires », par Emma Piqueray
dans Revue Z, n° 6, jan. 2012, p. 30-31

« J'ai déjà eu des incidents de contamination. À Nogent, il y a deux ans. Une contamination interne due à une erreur d’un coordinateur qui n’a pas voulu m’écouter ! On était en pleine déconta de piscine. Quand on est en déconta, ça veut dire qu’on va brasser beaucoup de liquides pour laver les parois des piscines et puis le tour de cuve. Et, lui, il savait qu’on était en déconta, et, normalement, ce qu’il a fait est interdit : il a fait ouvrir le tampon matériel, et ensuite il a fait ouvrir les portes biologiques, parce qu’ils avaient un conteneur à faire sortir pour une autre entreprise. Ils devaient être pressés, sûrement. Ils ont ouvert les deux portes biologiques. L’air de l’extérieur s’est engouffré dans le bâtiment réacteur et ça a tout mis en brassement, y compris les poussières radioactives. On était cinq à l’intérieur et du coup cinq à être contaminés ! » (...)

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« Tous la même maladie…
cancer de l’estomac »

Entretien avec José Andrade, sous-traitant et délégué CGT de la centrale de Cruas.
Propos recueillis par Emma Piqueray
dans Revue Z, n° 6, jan. 2012, p. 40-41

« Je pense que le rôle d’un syndicat, c’est de sauver ses salariés. Les protéger au maximum. À un moment, avec l’arrivée d’un nouveau type de salariat, externaliser les risques pour protéger les salariés déjà là, c’était le rôle du syndicat. Le but était de diluer les responsabilités. L’enjeu était là et pas ailleurs. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est que la sous-traitance coûte plus cher que les emplois statutaires. Moi, j’ai commencé par la Cime (Compagnie industrielle de montage et entretien), il a fallu que je fasse une première grève dure avec un chapiteau devant le site pour qu’on puisse conserver notre santé, parce que le but c’était de renouveler « la viande à rems » à l’époque. » (...)

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Un sapeur-pompier témoigne

Roland Ksouri - Sapeur-Pompier à Lyon
ancien membre des Cellules Mobiles d’intervention radiologique

Intégralité de l'entretien réalisé pour le tournage du film documentaire « Nucléaire, jusqu’ici tout va bien »,
produit par l’École Supérieure d’Audiovisuel de Toulouse (ESAV) et le Réseau “Sortir du nucléaire”, 2004.

 

De l’expérience ouvrière des risques
au problème public des déchets nucléaires

L’enquête filmique « Condamnés à réussir » comme catalyseur

par Marie Ghis MALFILATRE, Sociologie et sociétés, Vol. 51, n° 1-2, 2019

L’expérience des risques du travail ouvrier dans l’usine de traitement des combustibles nucléaires de La Hague, l’une des principales installations nucléaires en France, se constitue comme problème public dans les années 1970.

Un des moments forts en est la réalisation clandestine du film Condamnés à réussir qui précipite la formation d’un public élargi autour des risques de cette industrie, dans un moment de compétition accrue pour la propriété du problème nucléaire.

En renforçant la conscience des intérêts communs de ceux qui travaillent dans ce secteur et leur sentiment de responsabilité à l’égard de la population, en exprimant cette expérience collective dans une oeuvre diffusée hors de La Hague auprès de divers auditoires, ce document a contribué, par le recours à un mélange d’enquête et de reconstitution fictionnelle, à dramatiser autrement le problème public de la production nucléaire.

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Condamnés à réussir, un documentaire de
Claude Eveno et François Jacquemain, Iskra 1976