TCHERNOBYL - 35 ANS / 26.04.1986

 

 

Tchernobyl,
le monde d'après

un film d'Yves LENOIR
et Marc PETITJEAN
distribution ETB (2018)

 

Les pathologies observées sur le terrain en Belarus par les medecins de l'Institut Belrad viennent totalement invalider les schémas officiels retenus par les organismes internationaux en charge de la radioprotection.

 

Tenants et aboutissants
de la gestion du désastre de Tchernobyl

par Yves LENOIR (avril 2021)
président d'Enfants Tchernobyl Belarus

Document de synthèse sur l'accident de Tchernobyl et ses effets toujours présents, à l'occasion du 35ème anniversaire de la catastrophe. L'état général de la santé de la population belarusse ne cesse de se détériorer. Le déni sur cette contamination et le drame sanitaire qu'elle représente se poursuit toujours.

Texte en ligne ici.

Voir l'entretien vidéo d'Yves LENOIR
par Sciences et Avenir, le 22 avril 2021

Hier Tchernobyl. Demain Flamanville ?
Communiqué du CAN Ouest (22 avril 2021)

La mise en service de l'EPR de Flamanville devient très improbable et est reportée après les élections présidentielles, en 2022. Et malgré cela, EDF fait livrer le combustible neuf (barres d'uranium enrichi). Depuis le 1er février 2021, chaque semaine, un à deux camions quittent l'usine de Romans sur Isère dans le Sud pour arriver à Flamanville. Même avec le confinement, ces convois ni urgents ni essentiels continuent.

voir aussi le communiqué d'ADN 34

 

Chernobyl, le succès d'une série équivoque
par Marc MOLITOR, La Libre Belgique (sept. 2019)

Le grand succès international de la série télévisée Chernobyl pose un grand problème. La réalisation est efficace et impressionnante. Les pronucléaires sont confortés dans leur opinion qu’il s’agissait d’une catastrophe soviétique. Les antinucléaires se réjouissent de ce rappel des dangers du nucléaire. Les associations pour les enfants de Tchernobyl enregistrent un regain d’appels de familles volontaires pour l’accueil d’enfants des zones contaminées. Et des victimes aujourd’hui oubliées se réjouissent qu’on reparle d’elles.

Mais peut-on se réjouir qu’une œuvre de qualité hollywoodienne incontestable, non seulement comporte bon nombre d’erreurs, d’invraisemblances et de contrevérités, mais en outre évacue des dimensions essentielles de l’évènement dont elle parle ?

Lire ce texte

Voir aussi l'analyse très détaillée d’Yves Lenoir, (ici en pdf)
ainsi qu’un résumé de celle-ci par Catherine Lieber

 

 

En France, 35 ans après la catastrophe,
la désinformation est plus que jamais à l’œuvre

 

 

« Il faut s'attendre dans les jours qui viennent à un complot international des experts officiels pour minimiser l'évaluation des victimes que causera cette catastrophe. La poursuite des programmes civils et militaires impose à l'ensemble des États une complicité tacite qui dépasse les conflits idéologiques ou économiques ».

Bella BELBÉOCH, le 1er mai 1986
5 jours après l'explosion
du réacteur n°4 de Tchernobyl

 

 

Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire Lénine de Tchernobyl explosait.

Des articles toujours plus nombreux réécrivent l’histoire du « Mensonge de Tchernobyl », le réduisant à une simple caricature qu’ils s’empressent ensuite de dénoncer. La mauvaise foi de certains auteurs est patente mais leur influence s’étend désormais à certains grands médias. Il est donc temps de faire face au révisionnisme ambiant : le mensonge de Tchernobyl n’est pas un mythe construit par des adeptes de la théorie du complot.

La CRIIRAD a rédigé toute une série de documents détaillant les dysfonctionnements, nombreux et graves, constatés dans la gestion de la crise de Tchernobyl par l’État français : chiffres tellement sous-évalués qu’ils en deviennent absurdes, affirmations totalement fausses sur les niveaux de risque sanitaire, violations des prescriptions réglementaires par ceux-là mêmes qui auraient dû les faire appliquer, défaut de protection des enfants qui recevront pour certains des doses à la thyroïde très supérieures aux normes en vigueur, etc.

 

La France n’en a pas fini avec le Mensonge de Tchernobyl (26 avril 2021)

Communiqué de la CRIIRAD (22 avril 2021)

Volet 1 : déclarations sur l’ampleur de l’accident et son impact en URSS (26 avril 2021)

Volet 2 : le passage du nuage de Tchernobyl sur la France (26 avril 2021)

 

 

Non à la libération des matériaux contaminés dans le domaine public

Le gouvernement s’apprête à lever l’interdiction de recycler dans le domaine public les déchets radioactifs issus du démantèlement des installations nucléaires.

Les déchets radioactifs métalliques produits par le démantèlement des installations nucléaires pourront être “libérés” et recyclés dans les filières conventionnelles si leur niveau de contamination ne dépasse pas les limites autorisées (dites “seuils de libération”). Ils ne seront plus soumis à aucun contrôle et se retrouveront, à terme, dans notre environnement quotidien.

De l’acier contaminé sera déclaré “non radioactif” par l’Administration alors que sa radioactivité artificielle (normalement égale à 0 Bq/kg) pourra atteindre 100 Bq/kg, 1 000 Bq/kg, et jusqu’à 10 millions de Bq/kg !

Ainsi que le démontre l’étude préliminaire de la CRIIRAD, il ne s’agissait pas de rechercher la meilleure option du point de vue de l’intérêt général mais de donner un habillage démocratique à des décisions prises par ailleurs pour préserver les intérêts de l’industrie nucléaire.


Synthèse de la CRIIRAD

SIGNEZ LA PÉTITION !

« D'abord, nous devons convaincre le public qu'une bonne santé n'est pas ce qui est le plus important »

 

LES EFFETS BIOLOGIQUES À LONG TERME des faibles doses de rayonnement ionisant ont donné lieu depuis le début des années 70 à des débats particulièrement animés où la sérénité scientifique n'a guère été respectée.

La polémique est quasiment restée confinée au milieu des experts en radioprotection et a été à peine abordée par les medias. La palme de la discrétion revient à la France où tout s'est passé comme si une véritable censure s'était exercée, à moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'une indifférence totale vis-à-vis de ce problème. Et pourtant il concerne la santé publique et il est un élément important du dossier de l'énergie nucléaire, probablement le plus important, pour déterminer les critères d'acceptabilité de cette énergie et pour en établir un véritable bilan sanitaire. Il est évident que dans ces conditions on ne pouvait guère espérer, malgré les besoins de la démocratie, que se tienne un débat académique courtois.

Le facteur de risque biologique lié aux faibles doses de rayonnement représente un enjeu économique considérable ; s'il est élevé cela doit entraîner, pour assurer une radioprotection suffisante, une augmentation des coûts de construction des installations, l'augmentation des coûts d'exploitation, l'aggravation des exigences pour le stockage des déchets, la réduction des autorisations de rejet d'effluents radioactifs (augmentant ainsi les quantités de matière à retraiter et à stocker); enfin certaines installations devraient peut-être arrêter leur activité. (...)

Il est possible que des critères purement sanitaires conduiraient à la conclusion qu'en cas d'accident grave sur une installation nucléaire, il serait impossible d'assurer une alimentation correcte de la population. Le problème des faibles doses de rayonnement pose donc de façon aiguë et urgente la question : doit-on protéger la santé publique, doit-on protéger les individus qu'ils soient foetus, enfants, vieillards ou malades ou doit-on préserver des intérêts économiques en acceptant que certains individus disparaissent de façon préférentielle ? Il est capital qu'une réponse claire soit faite à cette question ; il y va de la moralité des pouvoirs publics et des forces politiques qui sont censées représenter l'ensemble des citoyens. »

Effets biologiques à long terme des faibles doses de rayonnement ionisant
Roger BELBÉOCH, Colloque de Montauban, 1988

 


© AMBE

Contaminés de tous les pays, unissez-vous !

Le combat contre la politique nucléaire-atomique est une action de légitime défense.
L'impératif de protection de la société n'est ni de droite, ni de gauche,
ni technophobe, ni rétrograde, ni libéral, ni socialiste : il est vital et universel.
Il faut détruire les machines nucléaires qui nous tuent et congédier les chefs d'Etat qui nous trahissent.

 
RETOMBÉES DE TCHERNOBYL

 

La Supplication

 

Un événement raconté par une seule personne est son destin. Raconté par plusieurs, il devient l’Histoire. Mes interlocuteurs m’ont souvent tenu des propos similaires : « Je ne peux pas trouver de mots pour dire ce que j’ai vu et vécu… je n’ai lu rien de tel dans aucun livre et je ne l’ai pas vu au cinéma… Personne ne m’a jamais raconté des choses semblables à celles que j’ai vécues. »… Chaque chose reçoit son nom lorsqu’elle est nommée pour la première fois. Il s’est produit un événement pour lequel nous n’avons ni système de représentation, ni analogies, ni expérience. Un événement auquel ne sont adaptés ni nos yeux, ni nos oreilles, ni même notre vocabulaire. Tous nos instruments intérieurs sont accordés pour voir, entendre ou toucher. Rien de cela n’est possible. Pour comprendre, l’homme doit dépasser ses propres limites. Une nouvelle histoire des sens vient de commencer…

Sveltana ALEXIEVITCH, La Supplication

 

 

Le 26 avril 1986 commençait la catastrophe de Tchernobyl. Analysé, commenté, filmé depuis 35 ans, cet évènement majeur de notre histoire contemporaine reste une « énigme à résoudre pour le XX° siècle » nous avait annoncé Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature en 2015).

C’est justement son texte La supplication, paru en 1997 dans la revue russe Amitié entre les peuples et traduit depuis dans de très nombreuses langues qui a permis aux lecteurs du monde entier de prendre conscience des effets délétères de cette catastrophe technologique et humaine sans retour.

Cet « Hymne à l’amour » vaut d’être chanté partout sur la Terre par un gigantesque chœur de femmes.
Un appel est lancé pour que le prologue de La Supplication soit lu partout ce 26 avril 2021.

Voir l'Appel du 26 avril Lire le prologue de La Supplication

 

 

La fête oubliée

La grande roue s’est arrêtée.
Les rires des enfants sont éteints pour toujours.
La forêt envahit les murs.
Et du naufrage de la ville
Ne restent que des souvenirs

Empoisonnés.

 

poéme de Catherine Lieber
dessin d'un enfant de Belarus

 

Contaminations radioactives


 

Tchernobyl par la preuve — Vivre avec le désastre et après

par Kate BROWN, Actes Sud, 2021

Révélé dans ce livre : quelques heures après l'incendie de Tchernobyl, une flottille d'avions russes Tupolev TU-16 a sillonné le ciel jusqu'à 100 km autour de la centrale pour ensemencer les nuages radioactifs et déclencher prématurément des pluies létales. On comprend dans cet ouvrage à quel point Tchernobyl fait figure de mère des catastrophes modernes. La plupart de celles qui l’ont suivie reprendront le même schéma, dans lequel l’État gestionnaire se sert de l’accident pour transformer en profondeur la société — le plus souvent, contre son gré. On l’a vu à l’œuvre aux États-Unis après le 11 septembre, qui a renforcé la société de surveillance, au Japon après Fukushima, devenue emblème de l’acceptation — forcée — du risque technologique… et il y a fort à parier que la pandémie de Covid-19 ne le reproduise. Et ce, toujours au détriment des dépossédés.

Lire l'interview de Kate BROWN par Clara Marchaud
in Le Courrier d'Europe centrale, 11 mai 2021

 

 

Sept questions
à Youri Bandajevski

par Les Enfants de
Tchernobyl
(22 avril 2021)

En 2021, l’association française « Les Enfants de Tchernobyl », le Centre « Ecologie et Santé » d’Ivankiv (Ukraine) et l’Institut de radioprotection « Belrad » de Minsk (Biélorussie) l'affirment : « la catastrophe sanitaire de Tchernobyl se poursuit ».

 

Lire leur communiqué
de presse
(avril (2021)

 

Entretien avec Youri BANDAJEVSKI
réalisé par Roland MERIEUX (2011)

Il y a dix ans, se préparait la 25ème commémoration de l’accident de Tchernobyl. Youri Bandajevski, anatomo-pathologiste, qui après l’accident de 1986 était allé fonder un hôpital et une université de médecine au coeur des zones contaminées, qui 9 ans plus tard a été emprisonné par la dictature bélarusse pour ses opinions sur la prise en charge des victimes de Tchernobyl, et qui après sa libération a fondé au bord des zones contaminées ukrainiennes un centre international destiné à la radioprotection des habitants des zones contaminées, était un interlocuteur particulièrement à même d’enrichir en profondeur notre réflexion autour de cette commémoration. Tchernobyl, Fukushima… après la survenue de la catastrophe japonaise, l’entretien s’est poursuivi.

When safe enough is not good enough :Organizing safety at Chernobyl

by Sonja D. SCHMID (mars 2011) - en anglais
Bulletin of the Atomic Scientists, Vol. 67, Issue 2

Quand suffisament sûr n'est pas suffisant :
organiser la sureté à Tchernobyl

Tchernobyl n'était pas un désastre en attente de se produire, mais il s'est produit malgré les efforts continus pour améliorer la sureté nucléaire. Tchernobyl met en lumière que ce que l'industrie nucléaire considère que « suffisamment sûr » est toujours lié à des périodes historiques spécifiques, des contextes culturels et des arrangements institutionnels, et que même les meilleurs efforts pour assurer la sûreté nucléaire ne suffiront pas.

Traduction google

 

Conséquences de la
catastrophe de Tchernobyl

par Alexey V. YABLOKO, Vassili B.et Alexey V.
NESTERENKO et Natalia E. PREOBRAJENSKAYA,
Académie des sciences de New -York (2010)

Cet ouvrage met à la disposition du lecteur une grande quantité d'études collectées dans les pays les plus touchés : la Biélorussie, la Russie et l'Ukraine. Les auteurs estiment que les émissions radioactives du réacteur en feu ont atteint dix milliards de curies, soit deux cents fois les retombées des bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki, que sur les 830 000 « liquidateurs » intervenus sur le site après les faits, 112 000 à 125 000 sont morts, et que le nombre de décès à travers le monde attribuables aux retombées de l'accident, entre 1986 et 2004, est de 985 000, un chiffre qui a encore augmenté depuis cette date.

Atlas des contaminations
radioactives France et Europe

par André PARIS et la CRIIRAD (2002)

Quel niveau de contamination a provoqué, en France, le passage du nuage de Tchernobyl ?

André Paris s'est attelé avec la CRIIRAD à mesurer et cartographier les retombées de Tchernobyl sur le territoire français et même au delà, et dresser cet Atlas de référence.

Livre à commander ici.

 

Tchernobyl
Déni passé, menace future ?

Livre de Marc MOLITOR, 2011
téléchargement libre autorisé par l'auteur

 

Extérieurement, le réacteur 4 de la centrale de Tchernobyl était un bâtiment comme un autre. C’est une illusion d’optique, car Tchernobyl,
ce n’est plus là. Tchernobyl s’est dispersé dans le monde, c’est un
« malheur du monde entier ».
Un livre de référence. Indispensable, qui tire un trait sur 25 ans de censure. Admirable par la richesse et l’organisation lucide de l’information.

La santé des liquidateurs 10 ans
après l'explosion de Tchernobyl

Actes du Symposium organisé à Berne
par PSR / IPPNW Suisse (12 nov. 2005)
édité par l'association Les Enfants de Tchernobyl

La section Suisse de l’association internationale des “Médecins pour une Responsabilité Sociale pour la Prévention de la Guerre Nucléaire“ réfute les arguments officiels prétendant que la plupart des problèmes de santé après Tchernobyl sont dues à la radiophobie, au stress, à l’alcool, au tabac et à la désinformation par les médias. Avec les interventions de M. Fernex, C. Knüsli, A. Nidecker, M. Walter, V.B. Nesterenko, R.I. Goncharova, et autres...

 

 

Il n'y a pas la sécurité nécessaire pour éviter une catastrophe
par le Pape FRANÇOIS, The Asahi Shimbum (nov. 2019)

« Je n'utiliserais pas l'énergie nucléaire tant que la sécurité d'utilisation n'est pas totale. Certaines personnes disent que l'énergie nucléaire est contraire au soin de la Création, qu'elle la détruira et qu'il faut l'arrêter. C'est en question. Je m'arrête sur la sécurité. Il n'y a pas la sécurité nécessaire pour éviter une catastrophe. La catastrophe nucléaire en Ukraine dure encore, depuis tant d'années. Je distingue de la guerre, des armes. Mais je dis ici que nous devons faire des recherches sur la sécurité, tant sur les catastrophes que sur l'environnement. Et sur l'environnement, je crois que nous sommes allés au-delà de la limite. »

cité par Vatican News, 35 ans après Tchernobyl,
entre blessures et peurs toujours ouvertes
(26 avril 2021)


Jean-Marc Rochette
« L'enfant de Tchernobyl »

 

L’ONU et ses organes, des
institutions de et pour l’âge atomique

par Yves LENOIR (nov. 2017)

Chronologie de la mise en place des agences onusiennes de radioprotection : la CIPR (1928), l'OMS (1948), l'UNSCEAR (1955), puis enfin, l'AIEA (1957). Ceux qui prétendent protéger l’humanité des radiations ont été les plus ardents promoteurs de son avènement et s’acharnent aujourd’hui de le pérenniser contre vents et marées. Deux institutions sont illégitimes. Non pas parce qu’elles pilotent le déni des séquelles de Tchernobyl et Fukushima, mais parce qu’elles sont juridiquement soustraites à tout contrôle de leurs activités : la CIPR et l’UNSCEAR.

Tchernobyl, le monde d'après
par Michel LABLANQUIE (avr. 2018)

Depuis le 26 avril 1986, la situation sanitaire dans les territoires les plus touchés par la catastrophe de Tchernobyl ne cesse de continuer d'empirer. La crise de Tchernobyl révèle la logique de la « protection radiologique internationale » : il s’agit bien de préserver l’avenir de l’énergie atomique en rendant socialement et politiquement acceptables l’exposition aux retombées radioactives et l’ingestion de nourriture contaminée par des radioéléments artificiels. Il faut donc déterminer et faire admettre un compromis entre coût des mesures exceptionnelles à consentir et exposition "tolérable" des groupes humains.

Risques nucléaires : à quand la fin du monopole des experts internationaux ?
par Christine FASSERT et Tatiana KASPERSKI
, The Conversation, 23 avril 2021

« Si les origines des accidents sont le plus souvent expliquées par des facteurs liés au développement de l’industrie nucléaire et de ses instances régulatrices à l’échelle nationale, la « gestion » de leurs conséquences dépasse progressivement les frontières nationales. À ce titre, l’accident de Tchernobyl va consacrer la monopolisation de l’autorité du savoir sur les radiations ionisantes par un ensemble restreint d’organisations – l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la Commission internationale de radioprotection (CIPR) et le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR). Par un jeu d’alliances et de cooptations, ces organisations se constituent en un ensemble monolithique sur le risque radiologique. »

 

CONTROVERSES NUCLÉAIRES

Film de Wladimir Tchertkoff, 2003, 50'

 

Ce film montre les tensions entre les différents protagonistes présents à la Conférence internationale sur les conséquences médicales de la catastrophe de Tchernobyl, organisée à Kiev en juin 2001 sous l’égide de l’OMS. Il témoigne des dénis exercés par les institutions pronucléaires de l’ONU, responsables de la gestion des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, qui condamne des millions de cobayes humains à expérimenter dans leur corps des pathologies nouvelles dans le vaste laboratoire à ciel ouvert des territoires contaminés par Tchernobyl. Avec la participation de Michel Fernex, Chris Busby, Alexey Yablokov, Yuri Bandajevsky, Vassili Nesterenko et de nombreux radiobiologistes russes.

 

 

« Les partisans de l’énergie nucléaire mais aussi et surtout ceux des usines de retraitement de déchets et des surrégénérateurs ne sont en rien meilleurs que l’a été le Président Truman qui a fait bombarder Hiroshima. Ils sont même pires que lui, car les gens en savent aujourd’hui bien plus que le naïf président pouvait en savoir à son époque. Ils savent ce qu’ils font ; il ne savait pas ce qu’il faisait. Que nous, les hommes, nous périssions à cause d’un missile nucléaire ou d’une centrale prétendument pacifique, cela revient absolument au même. Les deux sont aussi meurtriers. Tuer, c’est tuer. Mort, c’est mort. Ceux qui préconisent l’un et ceux qui préconisent l’autre, ceux qui minimisent les effets de l’un et ceux qui minimisent les effets de l’autre se valent. »

Günther ANDERS, 1986, Dix thèses pour Tchernobyl

 

 

« Avec le réchauffement climatique et la hausse du prix des énergies fossiles, le nucléaire semble faire un retour en force dans les choix des politiques énergétiques de nombreux pays. Je ne comprends pas comment on peut parler du nucléaire comme d’une énergie propre. Ce n’est pas vrai, et les représentants du lobby nucléaire le savent bien. C’est sans doute parce que je ne cesse de le répéter que ceux-ci me détestent, je le redis : les taux de rejet des centrales, même à doses infimes, sont nocifs. Et cela, le lobby nucléaire ne veut pas l’admettre. »

Yury BANDAJEVSKI, Le Courrier (14 Mars 2007)

 


© AMBE

 

« Quand l'électricité devient la fille du nucléaire, c'est-à-dire la sœur des déchets mortels qui dureront des milliers d'années, l'intellectuel, héritier des Lumières, peut-il encore se protéger des accusations délétères d'obscurantisme en fuyant l'arène ? Peut-il, sans perdre son statut, se consacrer essentiellement à des futilités à la mode, à des débats "très tendance" ? En classant l'objet "nucléaire" au rang des choses étrangères à son cerveau, l'intellectuel abandonne lâchement le terrain de l'intelligence et de la survie à de misérables militants qui se castagnent avec les miliciens de l'appareil économique. »

Jacques TESTART, « Technoscience cherche intellos », Libération, 18 nov. 2002