CIVIL ET MILITAIRE DANS UN BATEAU

 

« Lorsque le CO2 dégagé par chaque avion de combat Rafale (2.200 litres de carburant par heure de vol) sera perçu comme une bombe à retardement, on se rappellera que le carburant le moins cher est celui qu’on ne consomme pas. Et que la guerre la plus écolo est celle qu’on ne livre pas. »

Ben CRAMER

 

Suite à la visite de Macron au Creusot

Le Collectif ADN réagit à la visite du Président Macron et de sa ministre de l'écologie au Creusot

 

Mardi 8 décembre 2020, le Président et chef de guerre Macron était au Creusot pour soutenir l’industrie nucléaire militaro-civile.

Pour lui, peu importe le prix à payer, les graves menaces et les dégâts pour la population mais aussi pour les nombreux salariés qui en assurent le fonctionnement, tout particulièrement lorsqu’ils sont sous-traitants !

Macron a besoin du nucléaire !

Cette visite au Creusot n’est qu’une nouvelle manifestation ostentatoire de soutien du représentant de l’État nucléariste français à cette industrie de destructions massives.

Ce n’est pas un hasard si elle intervient à un moment décisif pour la survie de cette industrie, dont les « fleurons »
EDF et Orano sont en quasi-faillite, dont la restructuration n’est qu’une énième manœuvre de sauvetage à l’aide de subventions publiques massives, ce que la Commission Européenne a bien remarqué et ne peut accepter.

Avec les annonces du Président en visite à l’usine Framatome du Creusot, désormais filiale d’EDF suite à la faillite d’Areva, il devient clair qu’EDF est un fabricant de matériel militaire.

Est-ce bien la vocation d’une entreprise dont les dirigeants et les syndicats de salariés prétendent qu’elle assure un service public ? La Commission Européenne va-t-elle accepter un plan de sauvetage d’un industriel de l’armement dans le cadre du plan de relance ? (...)

 

Lire le Communiqué d'ADN

 

 

Civil et militaire, il faut s'opposer aux deux !

En France, Macron l’a dit, sans nucléaire civil pas de nucléaire militaire et inversement.

Le mouvement antinucléaire n’avait pas attendu l’adepte du « en même temps » pour faire le lien entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire. Des raisons historiques l’expliquent très bien : production du plutonium pour la bombe, culte de la soi-disant « toute puissance » pour rentrer dans la cour des grands, fuite en avant dans la démesure et la grande entreprise de prédation. 

Sans nucléaire civil pas de nucléaire militaire et inversement.
Il faut donc se débarrasser des deux.

 

Hugues Aufray
« Combien de temps » (Bob Dylan)

 

Le 8 août 1945, deux jours après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, un jour avant qu’une seconde bombe ne soit lancée sur Nagasaki, Albert Camus écrivait dans Combat :

« La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. (…) Déjà,
on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu’une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes
les chances d’être définitive. (…) Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous percevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison ».

L’opposition française au nucléaire avait alors sa voix,
et pas n’importe laquelle ! (...)

Certains groupes d'opposants au nucléaire militaire ont estimé que le lien avec l'atome civil était rompu ou pouvait l'être, et que les deux problématiques seraient utilement disjointes. Or avec son récent discours du Creusot, le 8 décembre 2020, le président de la République vient de leur infliger un démenti cinglant et de remettre sans ambiguïté les pendules à l'heure. En effet, nous a-t-il dit : « De ce point de vue, et vous le savez parfaitement ici, opposer nucléaire civil et nucléaire militaire en termes de production comme, en termes d'ailleurs de recherche, n'a pas de sens pour un pays comme le nôtre. (...) L’un ne va pas sans l'autre. Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil. »

L'imbrication absolue entre les deux filières ayant maintenant été très explicitement confirmée
au plus haut niveau de l'État français, nous ne comprendrions pas qu’elles puissent encore être dissociées, voire opposées, dans les discours militants.

DE CE FAIT :
nous appelons toutes les composantes de l’opposition aux différentes facettes
de l'industrie nucléaire à des discussions en vue de démarches concertées ;
nous vous proposons, pour commencer, de faire explicitement et publiquement
connaître votre opposition à l'atome sous son double aspect militaire et électro­nucléaire à
l’occasion du triste anniversaire du début de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars prochain.

Voir notre LETTRE D'INTERPELLATION - ou en version texte

 

Grande Muette... et dialogues de sourds

Emmanuel Macron enlise la France
dans un retour au « monde nucléaire d’avant »

par le MAN, Mouvement pour une alternative non-violente, (déc. 2020)

« Dans un discours parfois ambigu Emmanuel Macron a cependant énoncé une vérité : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire ; sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil ». Il a ainsi reconnu l’interdépendance entre la production d’électricité par les centrales nucléaires et la possession de la bombe atomique par la France... Ne pas vouloir sortir de ce cycle vicieux c’est exprimer des convictions qui font apparaître notre Président comme un homme invitant à "regarder loin" vers… le passé ! Le MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) demande à chaque citoyen de se poser lucidement cette question : Le nucléaire est-il en France un tabou intangible au point d’en faire une religion d’État ? »

 

 

Les contre-vérités
de Macron sur le nucléaire

par Reporterre (déc. 2020)

Interrogé le 4 déc. par le média Brut, puis le 8 déc. au Creusot, Emmanuel Macron a multiplié les déclarations d’amour à la filière nucléaire française. À grand renfort de contre-vérités.

Le nucléaire conduit la France
dans une impasse

par Corinne LEPAGE, Reporterre (déc. 2020)

Le président de la République a très récemment affirmé qu’il avait besoin du nucléaire. C’est possible mais la France, elle, doit faire en sorte de ne plus en avoir besoin, et ce pour une série de raisons, qui sont d’abord d’ordre financier et économique.

 

 

Le lien entre le nucléaire civil et militaire
par Jean-Luc PASQUINET (fév. 2021)

Une industrie qui ne croît plus finit par mourir ou alors elle doit se restructurer pour ne pas sombrer. Et l’état nucléariste français a besoin de cette industrie pour continuer à développer des armes atomiques et des sous-marins atomiques. EDF a aussi besoin de cette industrie pour construire les composants nécessaires à la maintenance des réacteurs existants qu’elle compte faire fonctionner le plus longtemps possible à moindre coût.

 

 

 

L'État des arsenaux atomiques mondiaux
par le SIPRI (14 juin 2021)

Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) a publié les conclusions de son Yearbook 2021, qui fait état de la situation actuelle en matière d’armements, de désarmement et de sécurité internationale.

Les neuf États dotés d'armes nucléaires possèdent environ 13 080 armes nucléaires début 2021. Elles en possédaient 13 400 début 2020. Malgré cette diminution globale, le nombre estimé d'armes nucléaires actuellement déployées avec les forces opérationnelles est passé à 3 825, contre 3 720 l'an dernier. Environ 2 000 d'entre elles – dont la quasi-totalité appartient à la Russie ou aux États-Unis – étaient maintenues en état d'alerte opérationnelle élevé.

 

 


Voir le communiqué
du SIPRI

Le coût des armes atomiques
par ICAN (juin 2021)

En 2020, durant la pandémie la plus importante de ce siècle, les neuf États possédants l’arme nucléaire ont dépensé plus de 60 milliards € (72,6 mds $) dans leur arsenaux — soit plus de 113 900 € (137 000 $) par minute. Une augmentation (ajustée en fonction de  l’inflation), de 1,16 mds €  par rapport à l’année 2019, et ceci malgré la crise du COVID-19. Voila les données qui ressortent du nouveau rapport de ICAN :

« Complicit : 2020 Global
Nuclear Weapons Spending »
.

 

 

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